[Zine] Détransition, désistance et désinformation : Un guide pour comprendre le débat sur les enfants trans

Récemment, alors que les personnes transgenres sont devenues plus visibles, elles ont fait l’objet d’un examen de plus en plus minutieux de la part des médias. Des politiciens, des commentateurs et des journalistes ignorant tout des questions transgenres se sont soudainement précipités pour peser sur ces questions importantes (...). Certaines de ces personnes ont des agendas anti-trans très clairs. D’autres sont des intrus (peut-être bien intentionnés) qui croient qu’en lisant quelques documents de recherche et en interrogeant quelques personnes ici et là, ils peuvent acquérir une « compréhension objective » de ce sujet complexe, qui couvre un demi-siècle d’histoire. Et malheureusement, ils centrent souvent leurs éditoriaux et leurs réflexions sur un segment particulièrement vulnérable de notre communauté : les enfants transgenres.

Texte de Julia Serano publié sur infokiosques.net

Je participe aux communautés trans depuis 1994. Entre toutes ces expériences, et mes nombreuses années en tant qu’autrice trans, militante, artiste et conférencière — prendre la parole pendant les événements communautaires, les conférences, et dans des universités à travers l’Amérique du nord — j’ai eu des conversations intimes et profondes sur les expériences et problèmes trans avec à peu près un millier de personnes transgenres (peut-être plus). J’ai fait des recherches approfondies à la fois sur la littérature médicale et sur l’histoire des « barrières » psychiatriques/médicales liées à l’accès des soins pour les personnes trans, pour mon livre Whipping Girl : Une femme transsexuelle sur le sexisme et le bouc émissaire de la féminité, paru en 2007. Mon travail s’est poursuivi dans mes écrits et mon activisme liés aux diagnostics trans dans le DSM-V récemment publié.

Au cours de ces un peu plus de 20 années, j’ai été témoin de la lente évolution depuis l’ancien système de contrôle de soins — impliqué dans la science pathologique et adoptant souvent des positions antagonistes face aux patients trans/sujets de recherche — jusqu’à ce qui est devenu progressivement notre système de soins trans actuel. Il fonctionne en partenariat avec les communautés trans, et il a progressivement pris les intérêts des personnes trans à cœur.

Cette évolution n’a pas été le seul résultat d’une remise en cause de ce système par les militant·es trans (même s’il y a eu de nombreuses contestations). Au contraire, ce changement a été facilité par une tendance plus générale au sein de la recherche et de la médecine — loin des attitudes paternalistes du « Praticien sachant » du milieu du vingtième siècle. Les praticiens et chercheurs ont pris progressivement conscience qu’il fallait réellement se préoccuper et obtenir des retours de la part des communautés qu’ils aident. Cette transition n’a pas été parfaite, ni complète (car la vieille garde adhère toujours aux anciennes méthodes). Mais les changements qui se sont produits au cours de ma vie ont été extrêmement prometteurs.

Récemment, alors que les personnes transgenres sont devenues plus visibles, elles ont fait l’objet d’un examen de plus en plus minutieux de la part des médias. Des politiciens, des commentateurs et des journalistes ignorant tout des questions transgenres se sont soudainement précipités pour peser sur ces questions importantes — des questions sur lesquelles (commodément) ils ne sont pas personnellement investis. Certaines de ces personnes ont des agendas anti-trans très clairs. D’autres sont des intrus (peut-être bien intentionnés) qui croient qu’en lisant quelques documents de recherche et en interrogeant quelques personnes ici et là, ils peuvent acquérir une « compréhension objective » de ce sujet complexe, qui couvre un demi-siècle d’histoire. Et malheureusement, ils centrent souvent leurs éditoriaux et leurs réflexions sur un segment particulièrement vulnérable de notre communauté : les enfants transgenres.

Vous avez probablement vu certains de ces articles. Ils soulèvent des inquiétudes sur les “80% de renoncement” et offrent des exemples de personnes trans qui ont depuis “détransitionné”. Ils vous laissent avec l’impression que les praticiens de la médecine trans sont engagés dans une sorte d’expérience sociologique. Quand des personnes trans protestent contre ces déformations ou contre les vieilles idéologies médicales, ces commentateurs et journalistes dénoncent « ces militants transgenres qui attaquent la science ! » sans toutefois reconnaitre les innombrables défenseurs des personnes trans, chercheurs et prestataires de soins qui sont en fait d’accord avec nous sur bon nombre de ces questions.

Plutôt que d’écrire une critique concise ou une réfutation du dernier article sur le thème de “Nos enfants sont en danger !” ou “les militants vont trop loin !”, j’ai décidé d’écrire un article long et nuancé. Il est intentionnellement écrit comme un guide pour toute personne intéressée, un guide qui remplit les vides, lit entre les lignes, et détricote les nombreuses suppositions présentes dans les éditoriaux ou articles de presse sur les enfants transgenres.

Nombre des problèmes susmentionnés commencent par la simplification à l’extrême des terminologies trans et/ou l’étendue des expériences transgenres, c’est donc là que le guide va commencer. Je fournirai également les informations nécessaires concernant la transition de genre chez les adultes avant d’aborder le sujet plus controversé des enfants transgenres.

Voir en ligne : Lire la suite sur infokiosques.net

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