#2 Interview : les élections au Brésil.

Ailleurs | | Collectif : Front Antifasciste de Liège 2.0

[FAL] : Les élections au Brésil se déroulent ce dimanche 2/10 où nous espérons tou.te.s un défaite cinglante pour Bolsonaro. Avant de rentrer dans le vif du sujet, pourrais-tu nous dire quelques mots sur toi et ton travail ?

Mes premiers contacts avec ce pays date de la deuxième moitié des années 90 lorsque, étudiant, j’ai eu la chance de me rendre sur place à plusieurs reprises. Là je me suis familiarisé entre autres aux questions liés à la terre et à la lutte des paysans sans-terre. Plus j’ai commencé à travailler en tant que chercheur au Centre Tricontinental, sur les problématiques liés à l’agriculture, sur l’Amérique latine en général, et plus particulièrement sur le Brésil. Dans ce cadre, j’ai notamment coordonner la publication d’un numéro d’Alternatives Sud (collection du Centre tricontinental) sur le Brésil de Lula en 2010 et dix ans plus tard, en 2020, sur le Brésil de Bolsonaro, une lecture plus sombre du Brésil.

[FAL] : Avant de parler de la situation contemporaine, j’aimerai revenir un instant sur des aspects plus historiques du Brésil. De manière peut-être confuse, on a souvent une impression que l’histoire de l’Amérique latine – et celle du Brésil ? – alterne en des périodes marquées à droite puis à gauche. Peux-tu brièvement nous expliquer l’histoire politique et sociale du Brésil, et plus particulièrement les grandes étapes/échelons de l’extrême-droite brésilienne et celles de l’antifascisme au Brésil ?

C’est assez compliqué de résumer en quelques mots cette histoire qui est en fait l’histoire du XXe siècle et du début du XXIe siècle. Je dirais que le fascisme a des racines profondes au Brésil où il s’est greffé sur un système de valeurs traditionnel très autoritaire et hiérarchique. Le Brésil, par exemple, a été l’un des derniers pays à avoir aboli l’esclavage, en 1888. Entre 3 et 5 millions d’esclaves ont été importé durant la période coloniale et après l’indépendance. Bien entendu, cela a laissé des traces.

Le premier mouvement fasciste au Brésil naît dans les au début des années 1930, et prend son essor entre 1932 et 1937. Il est donc contemporain à la montée du fascisme mussolinien et du nazisme en Allemagne. Ce mouvement, c’est l’« Action Intrégraliste Brésilienne » qu’on appelait « les intégralistes » et qui va s’inspirer essentiellement du fascisme mussolinien. Il va compter environ un à deux millions de membres et sera fortement ancré dans le sud du pays où l’on trouve une population, essentiellement blanche, qui descend en grande partie de migrants d’origine italienne ou allemande. C’est sur cette base, on va dire socio-ethnique, que s’est construit ce premier mouvement fasciste brésilien qui disparait pratiquement à la fin des années 30. A la fin de ces années, on va voir émerger un régime qui avait à la fois des traits du fascisme et des traits progressistes. Ce régime hybride, c’est l’ « Estado Novo » de Gétulio Vargas, lequel a permis de réelles avancées dans le renforcement des droits sociaux.

Si le mouvement intégraliste, en tant que tel, s’est essoufflé et a pratiquement disparu au début des années 1940 (Gétulio Vargas s’est rangé en effet du côté des alliés durant la Seconde guerre mondiale), d’autres courants, qu’on pourrait qualifier de fascistoïdes, liés notamment à l’oligarchie blanche, à l’armée et aux grands propriétaire terriens ont pris le relais dans les années 1950. Au début des années 1960, ceux-ci ont fini par converger dans un vaste mouvement d’opposition aux réformes progressistes d’un successeur de Vargas : « les Marches de la Famille avec Dieu pour la Liberté » Ces marches ont été le prélude du coup d’Etat militaire de 1964 qui installera un régime autoritaire, militaro-fasciste, pourrait-on dire, et violemment anticommuniste. Comparaison n’est pas raison, mais on peut quand même faire un rapprochement entre le profil social des personnes qui ont participé à ces Marches et l’électorat bolsonariste aujourd’hui : les classes moyennes et supérieures blanches du Sud du pays. S’y associent aussi de puissants groupes pressions, à l’exemple des représentants politiques des grands propriétaires terriens, les ruralistes. Dans les années 1980, l’Union démocratique ruraliste, qui s’opposait aux réformes démocratiques et a commandité nombre d’assassinats de paysans sans terre et de défenseurs de la cause indigène, pouvait aussi s’apparenter à une authentique milice fasciste. Aujourd’hui, les grands propriétaires terriens sont l’un des principaux soutiens au gouvernement Bolsonaro.

Un courant antifasciste apparaît aussi dans les années 1920-1930. Il est mené par de jeunes officiers issus de milieux modestes. Ces « jeunes lieutenants » s’opposent à l’élite conservatrice, revendiquent de meilleures conditions sociales et se mobilisent pour davantage de progrès social. L’un d’entre eux, Carlos Prestes, fondera le premier Parti communiste du Brésil et tentera sans succès de mobiliser les masses contre le gouvernement en parcourant une bonne partie du pays (c’est la colonne Prestes). Finalement, le Parti est interdit sous Vargas. A nouveau autorisé dans les années 1950, certains de ses membres joueront un rôle important dans la structuration de premier mouvement paysans : les ligues paysannes.

Enfin, au début des années 80, il faut pointer le rôle du vaste mouvement pro-démocratique contre la dictature militaire, en faveur de la justice sociale, de l’avancée des droits. Sa principale figure de proue était Lula, à l’époque leader d’un syndicat de métallurgistes. Fondateur de la CUT (Central unitaire du travail) et du PT (Parti des travailleurs) il symbolisera très vite l’opposition à la dictature militaire et la lutte pour la justice sociale et la démocratie. Sous sa présidence, on assistera à d’importantes avancées sur le plan de l’intégration des plus pauvres au système politique, en matière de progrès social et d’élargissement sinon de consolidation des droits au bénéfice des minorités. En fait, l’ascension puis la victoire de Bolsonaro peut être lue comme une tentative d’inverser le cours des choses. Il s’agit d’un remise en question de toutes les politiques d’intégration sociale, en particulier d’intégration des minorités indigènes ou afrobrésiliennes dans la structure socio-politique brésilienne.

Aujourd’hui, il y a des liens très forts entre la mouvance antifasciste brésilienne et toutes ces mouvances de défense des droits des populations LGBT, des minorités, des indigènes. Les liens sont très clairs : on va dire que le front populaire Brésilien [NDLR : l’ensemble des mouvements sociaux au Brésil qui luttent pour la justice sociale, pour le retour de politiques publiques fortes et l’avancée des droits] intègre toute ces luttes.

[FAL] Si peu de personnes s’intéressent généralement à la politique d’Amérique Latine, les élections de 2018 ont fait office d’électrochoc avec l’arrivée de Bolsonaro et ce qu’il incarnait. Maud Chiro, spécialiste de l’histoire du Brésil, a même écrit suite à son élection « Nous avons assisté en direct à la fascisation du Brésil ». Pourrais-tu nous brosser un portrait de Bolsonaro et quelques éléments qui viennent expliquer ce jugement de Maud Chiro ?

Pour ma part, je pense que la fascisation du Brésil a commencé en 2013, bien avant que Bolsonaro ait gagné en popularité. Qu’est-ce qui s’est passé ?

En 2013, le Brésil est le théâtre de vastes mobilisations dans la rue. Menées des mouvements progressistes, elles avaient des revendications louables et légitimes : gratuité des transports en commun, de meilleurs services publics et surtout une dénonciation des dépenses effectuées lors de la Coupe du Monde de football organisée en 2014. Il faut dire que la situation socio-économique du pays, à l’époque, commençait à se détériorer. Aujourd’hui d’ailleurs le Brésil n’est toujours pas sorti de cette crise économique, la plus grave de cette histoire.

Participant à une forte dégradation des conditions de vie de la population, cette crise a aussi participé à l’émergence d’une nouvelle droite que j’ai appelé « droite militante » car capable de se mobiliser dans la rue. Et lorsque l’on analyse plus en profondeur les manifestations de 2013, on remarque que, petit à petit, la nature des revendications va changer à mesure que les mobilisations s’amplifient. Les revendications progressistes disparaissent et font place à des revendications très marquées à droite, ultraconservatrices. Les slogans changent, les affects deviennent de plus en plus hostiles au gouvernement de gauche de Dilma Roussef qui avait succédé à Lula. Par exemple, on a vu apparaitre des pancartes refusant l’élargissement des droits sociaux, en particulier pour le personnel de maison [NDLR : la domesticité, très présente au Brésil.], défendus par le gouvernement Roussef. Certains groupes appellent déjà à l’époque à un coup d’Etat militaire pour balayer le gouvernement. Bref, on s’est rendu compte que ces mobilisations ont été infiltrées par des groupes de droite qui, pas à pas, vont donner le « la » de ces mobilisations.

Les protestataires réclameront alors la destitution de Dilma Roussef. Des millions de personnes descendront dans les rue des grandes villes. Et finalement, avec le soutien de ces « militants de droites », cette destitution va être actée en 2016. On parle alors d’un véritable coup d’état parlementaire soutenu par la rue. Ici encore, lorsque l’on regarde le profil des manifestants, blancs et souvent bien nés, on ne peut s’empêcher de penser aux Marches de la familles avec Dieu pour la Liberté du début des années 1960. On retrouvait aussi beaucoup d’évangélistes dans ces mouvements et de groupes crypto-fascistes jusque-là inconnus. C’est comme s’il y avait un retour de l’histoire.

Ces mobilisations ont servi de matrice à la construction, ou au réseautage, de ces différentes forces. Celles-ci se sont aussi massivement mobilisées au travers des médias sociaux (telegramme, whatsapp, facebook, etc). Ils s’attaquaient ouvertement aux avancées sociales de Lula, au PT [NDL : Parti des travailleurs, le parti de Lula] avec des discours agressifs, autoritaires et fascistoïdes. Bolsonaro a réussi à fédérer ces courants tout en instrumentalisant les ressentiments d’une grande partie de la population brésilienne, par rapport à la crise économique et sécuritaire que connaît le pays.

Bolsonaro a également reçu le soutien de trois groupes de pression qu’on appelle au Brésil le « BBB » pour le Bœuf, c’est-à-dire les représentants des grands propriétaires terriens, qui se sont – on l’a vu – toujours opposés aux avancées démocratiques, le lobby de la Balle, celui représentant les policiers, les services de sécurité, les défenseurs des armes à feu et l’armée, et enfin celui la Bible, les évangélistes qui constituent 30% de la population brésilienne. Au-delà, les milieux économiques ont fini par se rallier à lui. C’est cette convergence qui a permis à Bolsonaro de l’emporter. Quelques mois avant son élection, il était encore considéré comme un marginal, un clown, avec ses discours non politiquement correct, ses diatribes agressive, avec sa misogynie crasse. Rappelons que Bolsonaro est un militaire. Dans l’armée, il avait notamment fait campagne pour l’augmentation des soldes. Dans ce but il aurait participé dans une obscure tentative d’attentat la bombe dans les casernes, ce qui l’a amené à être exclu de l’armée. C’est alors qu’il rentre au parlement. Il y restera une trentaine d’année en tant que représentant officieux de l’extrême-droite militaire brésilienne. Lui-même a toujours été un nostalgique de la dictature militaire. En fait, dans sa jeunesse durant la dictature, il voit de ses propres yeux la répression d’un mouvement de guérilla et cela l’inspire dès l’adolescence à se lancer dans une carrière dans l’armée.

[FAL] : La violence de l’extrême-droite a été, il semblerait, très présente durant cette période. Peux-tu nous faire un retour sur celle-ci et, de manière plus générale, les moments marquants du régime de Bolsonaro et ceux de la lutte antifasciste pendant cette période ?

D’abord, brosser un rapide topo du contexte sécuritaire dans lequel Bolsonaro arrive au pouvoir. Il faut prendre conscience que la société brésilienne est déjà une société extrêmement violente. En 2018, à la veille des élections présidentielles qui vont le porter au pouvoir, on enregistrait environ 60.000 homicides. Une société extrêmement violente donc – mais je ne vais pas rentrer dans les détails sur l’origine de cette insécurité liée aux inégalités très criantes que connait le Brésil. Ce qui est clair, c’est que Bolsonaro a largement profité du ressentiment, du mécontentement de beaucoup de brésiliens par rapport à l’insécurité ambiante

Mais les discours et les actions de Bolsonaro ont encore renforcé de climat et distillé davantage de violence dans la société brésilienne. On le voit d’ailleurs durant ces élections : récemment deux militants PTistes ont été tué par des militants bolsonaristes. Ce climat de violence politique, généralement, on le connaît lors des élections municipales mais rarement lors des élections générales. C’est le cas aujourd’hui... Si la violence politique est exacerbée, il en va de même pour les violences policières. On a vu une augmentation des bavures et crimes des services de sécurités sous Bolsonaro, entretenue d’ailleurs par ses discours et invectives. . Méprisant la notion de droit humain, il a déclaré qu’« Un bon bandit est un bandit mort  » .

Le candidat que Bolsonaro a choisi pour comme vice-président, un général, s’est d’ailleurs distingué en la matière. Sous sa responsabilité, lorsqu’il a dirigé l’intervention de l’armée dans les quartiers périphériques de Rio,il y a eu une véritable explosion des bavures et des assassinats policiers. Le profil de la victime des violences policières c’est très souvent un jeune noir habitant dans les favelas des régions métropolitaines. Parallèlement, on a assisté aussi à une augmentation des crimes contre les défenseurs des droits de l’homme, des défenseurs des minorités et des indigènes. Cette période marque aussi l’instauration d’un climat d’impunité : impunité par rapport à certains groupes qui soutiennent Bolsonaro comme les propriétaires terriens, ou par des orpailleurs ou déforestiers illégaux en Amazonie. [NDLR : des chasseurs d’or ou d’essence d’arbres rares]. Dernièrement, on a vu l’assassinat d’un grand anthropologue défenseur des indigènes et celui d’un journaliste anglais qui l’accompagnait en Amazonie. Par ses discours, Bolsonaro a encouragé ce genre de pratiques mais aussi par la mise en place de politiques qui ont affaiblis les mesures de protection de l’environnement ou de sauvegarde des indigènes.

La violence s’est aussi particulièrement accrue contre les cultes afro-brésiliens et contre ces minorités, les mouvements évangélistes les considérant comme diaboliques. On a vu dans les banlieues brésiliennes des attaques constantes de groupes pro-bolsonariste et évangélistes religieux contre des infrastructures liées à ces cultes. La violence domestique a également explosé. Bien que le nombre d’homicides global a effectivement diminué, en revanche la libéralisation des armes à feu soutenue par Bolsonaro – auparavant elles avaient été réglementées par Lula – a entrainé une augmentation de la circulation d’armes et une augmentation des homicides dans le cadre domestique, féminicides par exemple, mais aussi une hausse des assassinats des représentantes de la population LGBT.

[FAL] : On a entendu que la crevette est devenu un symbole de l’antifascisme. Pourquoi un tel symbole ?

C’est assez récent et un peu marginal mais pourquoi ont-ils choisi ce symbole ? Il se fait que Bolsonaro a été amenée deux jours à l’hôpital suite à l’ingestion d’une crevette mal mâchée. Il a eu en fait une occlusion intestinale, problème récurrent depuis sa tentative d’assassinat. Il a été poignardé au ventre. C’est la raison pour laquelle les mouvements sociaux se sont emparés de cette crevette pour en faire un symbole de protestation contre Bolsonaro.

D’ailleurs, il existe sur les réseaux sociaux une boutade sous formes de « memes » qui disent « Si Bolsonaro a failli mourir avec une crevette, qu’est-ce que ce sera avec un calamar ? » Or, Lula en brésilien ça signifie calamar.

[FAL] : D’aucuns craignent qu’une défaite de Bolsonaro pourrait déclencher des violences similaires à celles qui se sont déroulées après la défaite de Trump. Peux-tu nous en dire un mot ainsi que les raisons qui font craindre de telles violences ?

Depuis quelques mois, il y a de réelles menaces qui sont proférées tantôt par Bolsonaro tantôt par ses soutiens. Mais depuis quelques semaines il adoucit son discours, il a même déclaré, bien que du bout des lèvres, qu’il reconnaitrait les résultats des élections. Maintenant il a beaucoup de partisans dans certaines catégories sociales dont je parlais tout à l’heure, chez les militaires, chez les policiers. Le risque est donc réel. Mais peu probable selon moi. Je ne pense pas qu’on assistera à un scénario identique à ce qui s’est passé au Capitol et encore moins à un coup d’Etat pour plusieurs raisons. Alors ces raisons, c’est notamment les divisions au sein des forces armées, c’est le fait que beaucoup d’anciens partisans de Bolsonaro se sont détournés de lui, en particulier dans les milieux économiques. Une autre raison c’est la position des Etats-Unis, c’est assez piquant de rappeler cette réalité actuellement, car ils ont soutenu le coup d’Etat de 1964 alors que là probablement ils vont faire pression pour la bonne tenue du processus électoral. Il faut ici souligner que l’administration de Biden n’a pas du tout apprécié la présidence de Bolsonaro. Biden, avant les élections, avait dit qu’il adopterait des sanctions économiques si Bolsonaro continuait sa politique en Amazonie. Pour rappel c’est 40.000 km² qui ont été déforesté pendant sa présidence. [NDLR : ça équivaut à 5 millions 602 milles 240 terrains de foot.] En même temps les USA n’ont pas apprécié la visite de Bolsonaro à Poutine le 15 février donc juste avant l’invasion de l’Ukraine.

Bolsonaro avait déjà essayé de faire un coup d’éclat en rassemblant ses partisans, de mener une action de mobilisation directe contre la Cour Supreme il y a un an, lors de l’anniversaire de l’indépendance du Brésil, le jour de la fête nationale le 7 septembre. Or, ses partisans étaient beaucoup moins nombreux que prévu. Donc je pense que ce ne sera pas le cas. [NDLR : Il s’agit de la 7e puissance économique mondiale.]

[FAL] : Quels sont les risques pour toi en cas d’une victoire électorale de Bolsonaro dimanche ?

Une éventuelle victoire Bolsonaro est très peu probable, les tout derniers sondages donnent 48 à 50% à Lula et à peine 31 à 33% à Bolsonaro. [NDLR : Aujourd’hui 3/10/2022 les résultats sont d’environ 48% pour Lula et environ 43% pour Bolsonaro.] Ce qui signifie que Lula peut l’emporter au premier tour. S’il le fait, ça serait un véritable désaveu pour Bolsonaro. Mais il y a des risques qu’il passe au second tour, alors là il peut y avoir des manœuvres pour tester les élections, pour contester le système électoral. Il vaut donc mieux que Lula passe au premier tour. Si on observe l’histoire politique de l’Amérique Latine il y a toujours eu des surprises. L’élection de Bolsonaro en 2018 c’était déjà une surprise pour beaucoup de gens. S’il gagne c’est l’avenir démocratique du Brésil qui sera remis en question avec des conséquences désastreuses pour les catégories les plus pauvres et les minorités. Ce qui se passe au Brésil a également un impact direct sur son environnement régional les autres pays d’Amérique Latine et indirectement sur le monde puisque c’est une acteur international assez important

[FAL] : Un dernier mot ou commentaire que tu voudrais nous dire ?

Le Brésil offre une leçon pour nos démocraties, il permet d’avoir des éléments qui permettent d’interpréter la montée du fascisme, pas seulement au Brésil, mais aussi dans d’autres pays. Donc on voit que le fascisme se nourrit de plusieurs choses : tout d’abord l’aspect religieux et le retour au religieux, le retour d’une certaine forme de moralisme qui est très présente au Brésil parmi les évangélistes. Il se construit aussi sur un mécontentement sur les conditions de vie, d’existence. Les Brésiliens ont vu se dégrader gravement pendant la crise économique leurs conditions de vie et il se construit également sur un sentiment de panique face à l’insécurité ambiante, comme je l’ai dit, beaucoup de brésiliens se sentent en insécurité.

Donc pas seulement pour le Brésil mais aussi pour nos démocraties occidentales, il faut s’attaquer à l’ensemble de ces problèmes, le défi est donc de renouer avec les catégories populaires parce que si Bolsonaro a été l’expression d’une certaine élite brésilienne, il a reçu et reçoit encore aujourd’hui le soutien d’une partie des catégories populaires. D’où l’intérêt pour la gauche et pour le front antifasciste aussi de reconquérir l’espace perdu dans ces populations. Je pense que c’est essentiel si on veut lutter contre le fascisme.

Article du Front Antifasciste de Liège 2.0 :
https://liege.antifascisme.be
https://www.facebook.com/FrontAntiFascisteLiege
https://t.me/FrontAntifascisteLiege

Voir en ligne : Front Antifasciste de Liège 2.0

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