Histoire / Archives

10 grèves qui ont changé la Belgique
🔴 Rappel historique important avant les journées de grèves fin novembre qui s’annoncent historiques ! Qu’elles soient défensives ou offensives, pour gagner de nouveaux droits, en défendre d’autres, ou simplement l’expression d’une colère légitime, les mouvements de grève sont indissociables de l’histoire du pays ! Grève pour le suffrage universel de 1893- La première grève générale de l’histoire Dès 1830, les classes dominantes belges s’efforcent de verrouiller leur pouvoir. Le vote est réservé aux hommes de plus de 25 ans payant une certaine somme d’impôts. Ainsi, seuls quelques milliers de personnes fortunées votent. En 1893, la chambre refuse le suffrage universel. Organisée par le jeune P.O.B (parti ouvrier belge), une grève générale éclate et rassemble 250.000 grévistes. Celle-ci se propage rapidement de Liège au Hainaut, de Gand à Anvers. Pendant 7 jours, le pouvoir tremble et réprime dans le sang. 24 personnes sont assassinées par l’armée. Un compromis est finalement trouvé, avec la mise en place du vote plural, qui reste largement inégalitaire. Cette première grève générale de l’histoire belge sera le début d’un long combat pour la démocratie menée par le mouvement ouvrier. Grève pour le suffrage universel de 1902 - L’échec malgré le nombre 11 ans après la grève générale de 1893, le vote plural continue de donner le pouvoir aux plus riches. Certains ajustements ont lieu, mais pas de réforme vers le suffrage universel à l’horizon. Couplée aux difficiles conditions de travail, les mineurs et ouvrières des mines liégeois·es se mettent en grève le 10 avril. Iels sont suivis par de nombreux secteurs dans tout le pays. Au plus fort du mouvement, 300.000 personnes sont en grève, plus qu’en 1893. La répression est féroce. Leopold II appelle à pratiquer la “tolérance zéro”. On compte plus d’une douzaine de morts, dont 6 lors de la fusillade de Louvain. La grève se solde par un échec, le P.O.B met fin au mouvement (non sans critique). Il faudra attendre 1919 pour la mise en place du suffrage universel masculin. Grève des mineurs de 1932 - Le Borinage s’insurge Suite à la crise de 1929, l’économie belge est moribonde. Chômage et baisses de salaires répétées produisent une importante misère, notamment dans la région minière du Borinage. En juin, des grèves éclatent. D’autres régions rejoignent le mouvement et plus de 150.000 travailleur·euses arrêtent le travail. Les femmes participent activement aux manifestations. Dans le Borinage, c’est l’insurrection. Des barricades sont dressées et des demeures patronales sont incendiées. L’armée est déployée dans toute la région, et le journal du Parti Communiste est interdit. On dénombre plusieurs tués. Les syndicats et le P.O.B sont également visés pour leur relative apathie. Après de maigres avancées, le travail reprend dans les mines le 9 septembre. Grève de 1936 - Pays à l’arrêt pour les congés payés En 1936, le système de congé est marginal en Belgique. Dans un climat...

Pour que nos larmes deviennent des armes : appel à tout détruire la semaine du Tdor
La liste de nos adelphes disparu-e-s s’allonge d’année en année. Chaque nouvelle mort est un effondrement, un rappel de la douleur d’exister dans un monde qui cherche activement à nous supprimer. On essaye de s’accrocher coûte que coûte, en gardant vivant le souvenir de celleux qui sont parti-e-s. Nos copaines putes assassiné-e-s, nos adelphes sans papiers déporté-e-s, nos potes expulsé-e-s par les flics, nos compagnon-ne-s repoussé-e-s dans le placard et dans la pauvreté, nos soeurs poussées au suicide par leur famille transphobe et dont on écorche le prénom même après la mort, nos ami-e-s enfermé-e-s en taule ou en hôpital psy. De l’isolement et de la négation de nos existences qui brisent petit à petit au meurtre brutal, cette société de merde cherche à nous détruire et les armes à sa disposition ne font qu’actuellement se renforcer. La gauche, qui aime tant parler à notre place, nous assigne un rôle de victimes passives et participe pleinement à la répression de nos révoltes au nom de notre « sécurité ». On voudrait nous apprendre à nous faire tout-e-s petit-e-s et à internaliser ce discours paternaliste dans l’espoir que les institutions hostiles s’apitoient sur notre sort pour qu’on puisse éventuellement leur gratter quelques droits, qui, comme tous les droits, bénéficieront à certain-e-s au sacrifice de tant d’autres. Même notre deuil, une fois figé en cérémonie officielle, perd de son potentiel de révolte, devenant un outil de plus au service de notre pacification. Une heure de rassemblement où nos larmes sont autorisées, des voix funèbres scandant au mégaphone des prénoms chers qui paraissent d’un coup si lointains. Le feu des bougies est le seul qui brûlera à la mémoire de nos compagnon-nes. Et tant pis si notre douleur et notre rage ne rentrent pas dans le cadre d’une minute du silence, on va devoir se battre pour arracher d’autres espaces pour les faire exister. Notre problème n’est pas qu’il y ait des moments de recueillement. C’est qu’il n’y ait que ça. Même ces espaces où nous sommes autorisé-es à pleurer nos mort-es se rétrécissent de jour en jour, à l’image de la mémoire de nos révoltes toujours davantage écartée et effacée. Pourtant on est plein à être bouffé-e-s d’envie de faire exister autre chose : hurler notre douleur à en réveiller les bourges et les réacs, recouvrir chaque mur blanc des prénoms qui nous sont chers ou des fresques célébrant leurs vies et leurs luttes, éclater chacune de leur vitrine dans ces rues où l’on fait tâche, fêter celleux qui sont parti-e-s en faisant exploser des feux d’artifice comme des paillettes dans ce ciel gris. Zbeuler, casser, attaquer, mais aussi pleurer, rire, danser, imaginer d’autres manières de prendre soin de nos potes et de célébrer nos existences hors-normes. Nous sommes conscient-e-s que nous n’avons pas toustes les mêmes possibilités d’agir en fonction de là où l’on se trouve et de nos capacités. Certain-e-s vivent en communauté, pendant que d’autres galèrent...
[Brochure] Zone à Défendre
Donne, partage, copie, réimprime, diffuse ce zine, que cette histoire soit partagée et qu’on s’en souvienne. Pour avoir accès à la BD et lire la suite de ce texte, aller sur le pdf en version lecture en ligne : PDF Du 16 septembre au 7 octobre 2024, des militant·es écureuil·les et chauves-souris sont monté·es dans les arbres et sur les toits du Verger pour défendre la dernière Zad, Zone à défendre, du tracé de l’A69. L’A69 est un projet d’autoroute entre Castres et Toulouse inutile et catastrophique sur le plan environnemental. Pour empêcher sa réalisation, une Zad s’est déployée sur son tracé, installée sur plusieurs zones, dont le Verger. Ces zones ont été habitées et partagées par des personnes venues un jour, une semaine, des mois, lutter pour la survie de ces habitats contre les machines destructrices de ce chantier. Ce zine rassemble les illustrations quotidiennes d’une grimpante déter, écureuille lors de l’évacuation des derniers arbres du tracé. On y retrouve un récit des cinq dernières écureuilles qui ont résisté, pendant ce siège de vingt-deux jours, perchées dans deux noyers du Verger. TÉMOIGNAGE COÉCRIT PAR LES CINQ DERNIÈRES ÉCUREUILLES DU VERGER Nous parlons d’une zone à défendre située entre Castres et Toulouse sur le tracé de l’autoroute A69. 53 km de chantier, d’arbres abattus, de champs désertifiés, d’artificialisation des sols. Plusieurs zones zadées ont éclos, la Crem’zad, la Crem’arbre, la Cal’arbre et enfin le Verger. Le Verger est le jardin d’Alexandra, ancienne locataire devenue occupante de droit de la dernière maison encore habitée sur le tracé de l’autoroute. Elle a ouvert la porte aux zadistes et nous avons surnommé Verger son terrain rempli d’arbres fruitiers et de plantes comestibles. L’une d’entre nous y a même cultivé un grand potager, habité par des plants de tomates, aubergines, pommes de terres, piments, etc. Nous avons occupé les arbres du Verger de mars 2024 jusqu’à leur évacuation par la police, qui dura du 16 septembre au 7 octobre 2024. Des cabanes et des plateformes furent construites sur des noyers, chênes, frênes, tilleuls, marronniers, et platanes. Nous avons lutté pour la protection de cet habitat avec Alexandra contre les violences des expropriants (NGE-ATOSCA [1]) et leur volonté de l’isoler. INTERVENTIONS DE LA CNAMO [2] Les premières interventions étaient assez distantes de nous, dans des arbres à l’autre bout du jardin. Pourtant nous avons vu et surtout entendu les cris, ceux des écucus [3] et du sol, d’encouragements et de mises en garde des CNAMO. « Courage ! » « Faites attention à vous » « Iel est détaché·e ! Vous le·a mettez en danger ! » « Cette branche est trop petite pour vous, elle va casser ! » Entendu aussi le bruit sourd de la chute d’un·e camarade sur le chemin où étaient éparpillées des tuiles. Vu aussi la course effrénée de ce·tte camarade dans les petites branches hautes du tilleul, pendant que plusieurs hommes cagoulés et en uniforme le·a...
















