Histoire / Archives

Racismes / Colonialismes

[Points Critiques] Hors-série janvier 2026

UPJB 80 ans « Depuis quatre-vingts ans, l’UPJB est un lieu où l’on se parle sans fard, où l’on se confronte, où l’on cherche ensemble. Ces dernières années ont ravivé ce besoin de débattre : l’après 7 octobre 2023 a vu les assemblées générales se remplir comme jamais, portées par une urgence de com-prendre, de réfléchir, parfois de se déchirer. Les discussions sur le sionisme, l’antiracisme ou les politiques migratoires témoignent d’une communauté en mouvement, traversée de tensions mais aussi d’élans puissants. Alors que les valeurs progressistes vacillent face au retour assumé du fascisme, au racisme débridé, à la chasse aux migrants et aux pauvres, et à l’essor de l’extrême-droite, et tandis que la communauté juive se recompose en Belgique comme ailleurs, l’UPJB s’interroge : que voulons-nous transmettre ? Comment préserver un espace vivant de pensée critique, de mémoire et d’émancipation ? Pour ses 80 ans, ce numéro hors série de Points Critiques dresse un inventaire sensible : un portrait où l’intime et le politique se répondent, où se tissent les luttes, les convergences, les crises, mais aussi les rêves qui continuent de nourrir l’association. À travers articles, analyses et témoignages, il propose un outil de référence pour comprendre ce qui nous traverse aujourd’hui et pour transmettre aux générations qui suivent. L’UPJB, octogénaire curieuse et toujours en quête de sens, confirme ici sa fonction essentielle : un lieu de libre parole, de rencontres intergénérationnelles et de mise à jour d’une judéité progressiste, ici et maintenant. » Quatrième de couverture de l’édition hors-série de Points Critiques « UPJB 80 ans » — À paraître en janvier 2026 En anticipation de la parution exceptionnelle de ce numéro hors-série de Points Critiques, n’hésitez pas à fouillez dans les archives du site. Replongez dans la lecture de contributions de numéros qui avaient été mis à disposition numériquement, disponibles via les liens suivants : POC 2016 POC 2017 POC 2018 Pour un retour plus lointain encore dans les archives, gardez l’oeil ouvert ! Nous publierons très prochainement sur le site des numéros mythiques de l’histoire de cette revue qui ont pu inspirer et stimuler le comité de rédaction pour la conception ce numéro hors-série de janvier 2026 « UPJB 80 ans ». Bonne lecture à toutes et tous !

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Guerre / Antimilitarisme

[Projo] Le cinéma de l’OLP 1968 / 1972

Dans le cadre de « Palestinian Archives - Fragments d’une mémoire volée ». Week-end « Archives contre l’effacement » Trois courts métrages pour se plonger dans le cinéma de la Palestine Film Unit entre 1968 et 1972. Séance accompagnée par Jihane Sfeir, historienne du monde arabe contemporain à l’ULB. Elle abordera la politique de confiscation, de destruction et de réécriture des archives palestiniennes menée par Israël depuis 1948. Avec aussi les cinéastes Mohanad Yaqubi et Michel Khleifi. Exodus 1967 Ali Siam, 1968, JO-PS, DCP, vo ang st fr, 13’ La croissance de la Jordanie est brutalement stoppée par la guerre des Six Jours en juin 1967. Le film juxtapose images de cette catastrophe et discours du roi Hussein à l’ONU en 1968, évoquant la situation des réfugiés palestiniens en Jordanie. El Fatah 1968 Thewalt, 1968, DE-PS, DCP, vo ar st fr, 11’ L’armée israélienne organise des raids contre la ville d’As-Salt, au nord-ouest d’Amman, en août 1968. Dans les camps d’entraînement d’Al-Assifa, la branche armée du Fatah, des soldats racontent leur combat. Les Témoignages des enfants palestiniens à l’heure de la guerre Kaiss Al-Zubaidi, 1972, DE-JO-PS, DCP, vo ar st fr, 18’ La parole est aux enfants. À travers leurs dessins et leurs mots, ils témoignent de leur expérience de la guerre et de la diaspora dans les camps de réfugiés.

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Extrême-droite / Antifascisme

[Rencontre] VIVRE SANS POLICE 🔥🔥

Rencontre autour du livre de Victor Collet sur Exarchia, un quartier d’Athènes qui a vécu plusieurs années débarassé de la Police. L’occasion de revenir sur les luttes là-bas mais aussi de faire le lien avec les luttes ici. Le livre présenté compile de nombreux témoignages et analyses de cette période où Exarchia a vécu sans Police, retraçant une expérience complexe, dure, enrichissante et aussi réjouissante. L’auteur tirera avec nous les fils qui nous relient à cette histoire très récente, et loin d’être terminée. Lutter contre la violence de l’État, renforcer les solidarités, mais aussi faire face à ses propres dynamiques de pouvoir... Accueil 19h - début de la rencontre à 19h30. _ _ _ Présentation de la maison d’édition Agone : Comment un quartier peut-il s’affranchir pendant toute une décennie du contrôle de la police ? Victor Collet nous guide dans Exarchia, dans ses squats, ses violences, ses solidarités, ses espoirs déchus, ses victoires,… pour nous montrer les possibilités qui existent, lorsque des habitants réussissent à tenir tête au fascisme, que celui-ci soit militant ou étatique ou les deux. Il parvient à faire l’histoire singulière d’un pays dont il a éprouvé les crises, et l’inscrit dans celle, plus large, des villes qui résistent, coûte que coûte, à toutes formes d’oppression. Si le récit de la Grèce peut être lu comme un récit d’anticipation à bien des égards, il donne aussi des raisons d’espérer. Comprendre Exarchia, c’est comprendre ce qui a marché, entrevoir ce qui aurait pu marcher, et s’inspirer des raisons de l’impossibilité à rester un îlot imperméable aux logiques d’oppression, afin de, peut-être, recréer ailleurs des réseaux de solidarité. Pour en savoir plus sur le livre : interview de l’auteur dans le journal CQFD Pour en savoir plus sur Exarchia (en anglais) : articles sur libcom Actualités à Athènes (en grec) : Athens Indymedia et ApatriS 🦔🦔🦔🦔🦔🦔🦔🦔 La b.o.u.m. est une bibliothèque publique autogérée dans le centre de Bxl. C’est possible de venir emprunter des livres et discuter, tous les jeudis entre 18h et 21h. C’est l’occasion de ramener les livres aussi !! Beaucoup de livres sont sortis depuis super longtemps. Merci de penser à les ramener. 🧩 7 rue Pletinckx - 1000 Bruxelles

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Extrême-droite / Antifascisme

En hommage à Andrée Geulen

En hommage à Andrée Geulen « Plus jamais ça pour qui que ce soit ». Cette profession de foi, il nous arrive de la clamer dans les manifestations. Nous l’adressons à ceux et celles pour qui « Plus jamais ça », cette leçon universelle de la Shoah, ne vaudrait que pour les Juifs. L’action d’Andrée Geulen, qui vient d’être honorée comme Agnès Burniat, sa petite-fille, le rappelle ici, fut inspirée par le même sentiment. Certain·es de nos ainé·es ont dû la vie à l’intervention d’Andrée Geulen, dont la figure nous inspire toujours aujourd’hui. Ce 7 septembre 2025, la rue Edmond Picard, à cheval sur les communes d’Uccle et d’Ixelles, a été rebaptisée rue Andrée Geulen. Dorénavant, le nom d’une résistante remplace le nom d’un antisémite. Edmond Picard (1836-1924), avocat, écrivain, sénateur belge, fut aussi, comme le rappela lors de la cérémonie Julie Ringelheim, un raciste, négrophobe et antisémite enragé, un « préfasciste ». Andrée Geulen (1921-2022), alors jeune institutrice de 21 ans, révoltée par le port de l’étoile jaune par les enfants juifs dans son école, rejoint en 1942 le Comité de défense des Juifs fondé par des résistants. Avec une douzaine d’autres femmes, dont Ida Sterno, Esta Heiber et Yvonne Jospa, elle contribua à cacher et sauver plus de 300 enfants juifs. Pour « Mademoiselle Andrée » comme l’appelaient ses enfants cachés, « Mamette » comme nous, petits-enfants, l’appelions, s’engager pour sauver des enfants était une évidence. Et de la même façon qu’elle n’a pas hésité à l’époque, elle a continué à se battre après la guerre contre toutes les formes d’injustices. Mamette et son mari, notre grand-père, Charles Herscovici, dont les parents ont été assassinés à Auschwitz, nous ont transmis leurs valeurs : la lutte contre le racisme et le colonialisme, l’engagement pour la paix, la défense des libertés et des droits humains. Elle aurait été épouvantée par les massacres du 7 octobre 2023, comme par le génocide en cours à Gaza. Rien ne saurait justifier l’extermination d’un peuple. Nadav Lapid, cinéaste israélien, interviewé récemment sur France Culture, racontait que la question récurrente posée aux enfants israéliens tout au long de leur parcours scolaire était, à propos de la Shoah : « Comment avait-il été possible de vivre comme si de rien n’était à côté de l’horreur, comment un tel aveuglement était-il possible » – et de conclure, en évoquant le massacre des Gazaouis : « Voici la réponse ». Comment ne pas réagir lorsque l’on est témoin de discriminations, de persécutions, de rafles, d’exécutions ? Comment ne pas réagir lorsque l’on est témoin de bombardements d’habitations, d’hôpitaux, d’écoles, lorsque l’on voit les corps décharnés d’enfants affamés ? Se souvenir d’Andrée Geulen, c’est se souvenir qu’il faut garder les yeux ouverts, ne pas se taire, et résister, encore et toujours. Agnès Burniat, petite-fille d’Andrée Geulen

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Racismes / Colonialismes

Lecture : Resistência e poesia + Film : Big Bang Henda

50 ans de l’indépendance de l’Angola Resistência e poesia Pour terminer la soirée, un moment de poésie et de musique où dialoguent les voix fortes de la littérature angolaise — Lopito Feijó, Ana Paula Ribeiro Tavares, Fernando Costa Andrade et Maurício Gomes. Les textes, lus en portugais et en français, évoqueront les luttes de l’indépendance, les blessures coloniales, l’amour, l’exil et la saudade, à la suite de la poésie de résistance et de beauté résiliente de « Big Bang Henda », film entre fiction et réel sur l’artiste angolais Kiluanji Kia Henda à la pointe de la pensée anticoloniale. → Avec Pascale Kinanga d’Angola 2025 et l’acteur belgo-ukrainien-angolais Francisco Yvan Luzemo pour la lecture, et le guitariste Flávio Maciel de Souza pour l’accompagnement musical. Big Bang Henda Renverser les statues et les symboles, construire de nouveaux souvenirs, détourner le paysage détruit, écrire des lettres à l’avenir, inverser les dynamiques de pouvoir : « Big Bang Henda » est un essai documentaire en forme de manifeste poétique sur l’artiste angolais Kiluanji Kia Henda basé à Luanda. Au travers performances, poèmes, créations et réflexions, il nous emmène dans un voyage anticoloniale mêlé d’afrofuturisme visant à encourager les générations qui ont grandi pendant ou après la guerre de retrouver espoir et se réapproprier leur destin.

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Racismes / Colonialismes

Projection Documentaire « There is a War Going On Outside »

Projection du documentaire « There is a War Going On Outside » réalisé par Copwatch Grèce. Echange avec le réalisateur John Malamatinas et la JOC. Les groupes Copwatch Grèce, la JOC, European Digital Rights (EDRi) et Technopolice Belgique organise la projection du documentaire « There is a War Going On Outside » (2025), réalisé par John Malamatinas et Giorgos Poulopoulos. Au cœur d’Athènes, de Paris et de Londres, trois jeunes vies – celles de Nikos Sabanis, Ibrahima Bah et Chris Kaba – ont été brutalement interrompues par des violences policières, révélant au grand jour le racisme profondément ancré dans les systèmes policiers européens. À travers leurs histoires, ce documentaire met en lumière les injustices systémiques, tout en suivant le combat acharné mené par leurs communautés pour obtenir justice. TW : violences policières, meurtre Quand ? Mercredi 3 décembre, 20h Où ? Espace Fievez, 4 rue d’Anderlecht, Bruxelles Prix : prix libre, dons reversés aux familles des victimes de violences policières en Belgique Sous-titres français Discussion après visionnage en anglais et français avec John Malamatinas, la JOC et Resist Europol. Copwatch Greece, JOC, European Digital Rights (EDRi) and Technopolice Belgium are organising a screening of the documentary ‘There is a War Going On Outside’ (2025), directed by John Malamatinas and Giorgos Poulopoulos. In the heart of Athens, Paris and London, three young lives – those of Nikos Sabanis, Ibrahima Bah and Chris Kaba – were brutally cut short by police violence, exposing the deep-rooted racism in European police systems. Through their stories, this documentary highlights systemic injustices, while following the relentless struggle of their communities to obtain justice. TW : police violence, murder When ? Wednesday 3 December, 20:00 Where ? Espace Fievez, 4 rue d’Anderlecht, Brussels Price : pay what you want, donations go to the families of victims of police violence in Belgium French subtitles Post-screening discussion in English and French with John Malamatinas, the JOC and Resist Europol.

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Médias

10 grèves qui ont changé la Belgique

🔴 Rappel historique important avant les journées de grèves fin novembre qui s’annoncent historiques ! Qu’elles soient défensives ou offensives, pour gagner de nouveaux droits, en défendre d’autres, ou simplement l’expression d’une colère légitime, les mouvements de grève sont indissociables de l’histoire du pays ! Grève pour le suffrage universel de 1893- La première grève générale de l’histoire Dès 1830, les classes dominantes belges s’efforcent de verrouiller leur pouvoir. Le vote est réservé aux hommes de plus de 25 ans payant une certaine somme d’impôts. Ainsi, seuls quelques milliers de personnes fortunées votent. En 1893, la chambre refuse le suffrage universel. Organisée par le jeune P.O.B (parti ouvrier belge), une grève générale éclate et rassemble 250.000 grévistes. Celle-ci se propage rapidement de Liège au Hainaut, de Gand à Anvers. Pendant 7 jours, le pouvoir tremble et réprime dans le sang. 24 personnes sont assassinées par l’armée. Un compromis est finalement trouvé, avec la mise en place du vote plural, qui reste largement inégalitaire. Cette première grève générale de l’histoire belge sera le début d’un long combat pour la démocratie menée par le mouvement ouvrier. Grève pour le suffrage universel de 1902 - L’échec malgré le nombre 11 ans après la grève générale de 1893, le vote plural continue de donner le pouvoir aux plus riches. Certains ajustements ont lieu, mais pas de réforme vers le suffrage universel à l’horizon. Couplée aux difficiles conditions de travail, les mineurs et ouvrières des mines liégeois·es se mettent en grève le 10 avril. Iels sont suivis par de nombreux secteurs dans tout le pays. Au plus fort du mouvement, 300.000 personnes sont en grève, plus qu’en 1893. La répression est féroce. Leopold II appelle à pratiquer la “tolérance zéro”. On compte plus d’une douzaine de morts, dont 6 lors de la fusillade de Louvain. La grève se solde par un échec, le P.O.B met fin au mouvement (non sans critique). Il faudra attendre 1919 pour la mise en place du suffrage universel masculin. Grève des mineurs de 1932 - Le Borinage s’insurge Suite à la crise de 1929, l’économie belge est moribonde. Chômage et baisses de salaires répétées produisent une importante misère, notamment dans la région minière du Borinage. En juin, des grèves éclatent. D’autres régions rejoignent le mouvement et plus de 150.000 travailleur·euses arrêtent le travail. Les femmes participent activement aux manifestations. Dans le Borinage, c’est l’insurrection. Des barricades sont dressées et des demeures patronales sont incendiées. L’armée est déployée dans toute la région, et le journal du Parti Communiste est interdit. On dénombre plusieurs tués. Les syndicats et le P.O.B sont également visés pour leur relative apathie. Après de maigres avancées, le travail reprend dans les mines le 9 septembre. Grève de 1936 - Pays à l’arrêt pour les congés payés En 1936, le système de congé est marginal en Belgique. Dans un climat...

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Santé / Soins

Pour que nos larmes deviennent des armes : appel à tout détruire la semaine du Tdor

La liste de nos adelphes disparu-e-s s’allonge d’année en année. Chaque nouvelle mort est un effondrement, un rappel de la douleur d’exister dans un monde qui cherche activement à nous supprimer. On essaye de s’accrocher coûte que coûte, en gardant vivant le souvenir de celleux qui sont parti-e-s. Nos copaines putes assassiné-e-s, nos adelphes sans papiers déporté-e-s, nos potes expulsé-e-s par les flics, nos compagnon-ne-s repoussé-e-s dans le placard et dans la pauvreté, nos soeurs poussées au suicide par leur famille transphobe et dont on écorche le prénom même après la mort, nos ami-e-s enfermé-e-s en taule ou en hôpital psy. De l’isolement et de la négation de nos existences qui brisent petit à petit au meurtre brutal, cette société de merde cherche à nous détruire et les armes à sa disposition ne font qu’actuellement se renforcer. La gauche, qui aime tant parler à notre place, nous assigne un rôle de victimes passives et participe pleinement à la répression de nos révoltes au nom de notre « sécurité ». On voudrait nous apprendre à nous faire tout-e-s petit-e-s et à internaliser ce discours paternaliste dans l’espoir que les institutions hostiles s’apitoient sur notre sort pour qu’on puisse éventuellement leur gratter quelques droits, qui, comme tous les droits, bénéficieront à certain-e-s au sacrifice de tant d’autres. Même notre deuil, une fois figé en cérémonie officielle, perd de son potentiel de révolte, devenant un outil de plus au service de notre pacification. Une heure de rassemblement où nos larmes sont autorisées, des voix funèbres scandant au mégaphone des prénoms chers qui paraissent d’un coup si lointains. Le feu des bougies est le seul qui brûlera à la mémoire de nos compagnon-nes. Et tant pis si notre douleur et notre rage ne rentrent pas dans le cadre d’une minute du silence, on va devoir se battre pour arracher d’autres espaces pour les faire exister. Notre problème n’est pas qu’il y ait des moments de recueillement. C’est qu’il n’y ait que ça. Même ces espaces où nous sommes autorisé-es à pleurer nos mort-es se rétrécissent de jour en jour, à l’image de la mémoire de nos révoltes toujours davantage écartée et effacée. Pourtant on est plein à être bouffé-e-s d’envie de faire exister autre chose : hurler notre douleur à en réveiller les bourges et les réacs, recouvrir chaque mur blanc des prénoms qui nous sont chers ou des fresques célébrant leurs vies et leurs luttes, éclater chacune de leur vitrine dans ces rues où l’on fait tâche, fêter celleux qui sont parti-e-s en faisant exploser des feux d’artifice comme des paillettes dans ce ciel gris. Zbeuler, casser, attaquer, mais aussi pleurer, rire, danser, imaginer d’autres manières de prendre soin de nos potes et de célébrer nos existences hors-normes. Nous sommes conscient-e-s que nous n’avons pas toustes les mêmes possibilités d’agir en fonction de là où l’on se trouve et de nos capacités. Certain-e-s vivent en communauté, pendant que d’autres galèrent...

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Histoire / Archives

subMedia’s 2025 Trans(A)tlantic Tour

Projection d’ INTERREBELLIUM 01. THE ESTALLIDO SOCIAL, un film de SubMedia, suivit d’un débat ! Ce sera l’occasion de collecter des fonds pour des camarades de Macédoine du Nord ! Le film et les discussions se tiendront en anglais. OUVERTURE DES PORTES À 18H00 ; DÉBUT DE LA PROJECTION À 19H00 Organisé en collaboration avec Toestand, ACAB !B & Caillou Premier volet d’une série documentaire en plusieurs parties, InterRebellium 01. The Estallido Socialest un récit vu à travers les yeux des participants anarchistes et anticolonialistes du soulèvement de 2019 dans les territoires occupés par l’État chilien. L’Estallido Social (ou explosion sociale) était un soulèvement populaire dans les territoires occupés par l’État chilien, déclenché le 18 octobre 2019 par une augmentation de 30 pesos du prix des transports. Ce qui a commencé par une campagne menée par des étudiants pour éviter de payer les transports s’est rapidement transformé en un soulèvement national qui a ébranlé la société dans ses fondements. Ce soulèvement est né de la longue histoire de révolte dans ce qu’on appelle le Chili. Malheureusement, comme nous le rappelle Yza, participante au mouvement, les longues histoires de révolte sont souvent dues à de longues histoires de répression. La répression dans ces terres remonte à avant la formation de l’État chilien, à l’invasion et à la conquête espagnoles. Mais l’ère moderne commence avec le coup d’État de 1973 qui a installé Augusto Pinochet comme dictateur. Des années de réformes néolibérales ont produit une classe ouvrière désillusionnée et désorganisée. InterRebellium retrace les racines du soulèvement de 2019 jusqu’aux mouvements étudiants des années 2000 et aux mouvements féministes du milieu des années 2010, ainsi qu’à travers la résistance indigène tout au long de l’histoire de la domination coloniale. Le mouvement s’est également inspiré des révoltes qui se déroulaient simultanément à Hong Kong et en Équateur. Pendant des mois, des milliers de personnes ont livré des combats acharnés dans les rues contre les forces de police et l’armée, organisé des réseaux de soutien aux militants de première ligne, créé des assemblées de quartier organisées de manière horizontale, participé à des grèves générales et mené des actions d’incendie criminel et de sabotage contre les symboles du pouvoir et les multinationales. L’Estallido a finalement été maîtrisé grâce à une combinaison de répression brutale de l’État, de promesses de réforme et d’une nouvelle constitution, ainsi que d’un lifting esthétique des anciens symboles du pouvoir avec l’élection du jeune Gabriel Boric, issu de la nouvelle gauche. Alors que les émeutes s’apaisaient et que de nombreuses personnes se montraient disposées à travailler dans le cadre de la bureaucratie étatique, Boric et la nouvelle gauche ont pu librement former une coalition avec les mêmes forces qui étaient au pouvoir avant l’Estallido, laissant bon nombre des pires auteurs de la (...)

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Écologie

[Brochure] Zone à Défendre

Donne, partage, copie, réimprime, diffuse ce zine, que cette histoire soit partagée et qu’on s’en souvienne. Pour avoir accès à la BD et lire la suite de ce texte, aller sur le pdf en version lecture en ligne : PDF Du 16 septembre au 7 octobre 2024, des militant·es écureuil·les et chauves-souris sont monté·es dans les arbres et sur les toits du Verger pour défendre la dernière Zad, Zone à défendre, du tracé de l’A69. L’A69 est un projet d’autoroute entre Castres et Toulouse inutile et catastrophique sur le plan environnemental. Pour empêcher sa réalisation, une Zad s’est déployée sur son tracé, installée sur plusieurs zones, dont le Verger. Ces zones ont été habitées et partagées par des personnes venues un jour, une semaine, des mois, lutter pour la survie de ces habitats contre les machines destructrices de ce chantier. Ce zine rassemble les illustrations quotidiennes d’une grimpante déter, écureuille lors de l’évacuation des derniers arbres du tracé. On y retrouve un récit des cinq dernières écureuilles qui ont résisté, pendant ce siège de vingt-deux jours, perchées dans deux noyers du Verger. TÉMOIGNAGE COÉCRIT PAR LES CINQ DERNIÈRES ÉCUREUILLES DU VERGER Nous parlons d’une zone à défendre située entre Castres et Toulouse sur le tracé de l’autoroute A69. 53 km de chantier, d’arbres abattus, de champs désertifiés, d’artificialisation des sols. Plusieurs zones zadées ont éclos, la Crem’zad, la Crem’arbre, la Cal’arbre et enfin le Verger. Le Verger est le jardin d’Alexandra, ancienne locataire devenue occupante de droit de la dernière maison encore habitée sur le tracé de l’autoroute. Elle a ouvert la porte aux zadistes et nous avons surnommé Verger son terrain rempli d’arbres fruitiers et de plantes comestibles. L’une d’entre nous y a même cultivé un grand potager, habité par des plants de tomates, aubergines, pommes de terres, piments, etc. Nous avons occupé les arbres du Verger de mars 2024 jusqu’à leur évacuation par la police, qui dura du 16 septembre au 7 octobre 2024. Des cabanes et des plateformes furent construites sur des noyers, chênes, frênes, tilleuls, marronniers, et platanes. Nous avons lutté pour la protection de cet habitat avec Alexandra contre les violences des expropriants (NGE-ATOSCA [1]) et leur volonté de l’isoler. INTERVENTIONS DE LA CNAMO [2] Les premières interventions étaient assez distantes de nous, dans des arbres à l’autre bout du jardin. Pourtant nous avons vu et surtout entendu les cris, ceux des écucus [3] et du sol, d’encouragements et de mises en garde des CNAMO. « Courage ! » « Faites attention à vous » « Iel est détaché·e ! Vous le·a mettez en danger ! » « Cette branche est trop petite pour vous, elle va casser ! » Entendu aussi le bruit sourd de la chute d’un·e camarade sur le chemin où étaient éparpillées des tuiles. Vu aussi la course effrénée de ce·tte camarade dans les petites branches hautes du tilleul, pendant que plusieurs hommes cagoulés et en uniforme le·a...

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Racismes / Colonialismes

[Projo/rencontre]Les descendants d’Abraham (Israël/Palestine) 1989

Jeudi 4 décembre : 19h Projection/Discussion : Les descendants d’Abraham (Israël/ Palestine) 1989 en présence d’Ingrid Becker-Ross Pour la première fois diffusé avec des sous-titres francophones. Organisée avec la B.O.U.M (durant la permarmence de la bibliothèque) et en soutien avec la campagne Punk Against Apartheid : https://punksagainstapartheid.noblogs.org/ “J’ai découvert par hasard le travail de Charles Gordian Troeller & Marie-Claude Deffarge sur de vieilles copies VHS des épisodes de la série télévisée documentaire “Au Nom du Progrès”, et ce fut un choc politique et médiatique salvateur. Une esthétique brute et propre, une écriture claire et située, un regard politique matérialiste, anticolonial, radicalement écologiste et un travail qui s’inscrit, par les sujets et leur traitement, dans une perspective révolutionnaire et libertaire. Après plusieurs années à me rendre compte que personne autour de moi ne connaissait l’existence de ces films (car réalisés et diffusés en Allemagne et au Luxembourg), cela m’a poussé à entrer en contact avec Ingrid Becker-Ross pour avoir accès à d’autres films, et aider à leur diffusion. De ces échanges ont émergé la création des sous-titres francophones du film “ Les descendants d’Abraham” et l’organisation de cette projection, la première d’une série. Une discussion sera organisée autour du sujet du film en lui même, autour du contexte de sa réalisation, des sujets abordés, ou autour des choix journalistiques et artistiques (selon les personnes présentes et les volontés du public). C’est aussi l’occasion pour présenter les autres films existants ou disparus qui pourraient être sous-titrés et diffusés. Si vous souhaitez aider à la création de traduction et de sous-titres (en général depuis l’allemand) ou organiser une projection d’un film, n’hésitez pas à consulter le site et la liste des films disponibles. Malheureusement certains films sont encore introuvables comme « Un génocide oublié (Soudan du Sud, 1967) » ou Le Kurdistan à feu et à sang (1964) Le prochain film actuellement en cours de sous-titrage et de traduction est « Alger, capitale des révolutionnaires » (1972). Version originale (allemand et multilingue) Sous-titré Français Titre original : Die Nachkommen Abrahams Réalisation : Gordian Troeller Collaboration : Ingrid Becker-Ross Caméra : Gordian Troeller Son : Ingrid Becker-Ross, Brigitte Dahm-Bauchwitz Montage : Ingrid Härtel Couleur, 1989 43 minutes  Ce film est issu d’une autre série de reportages (de cette équipe de documentaristes : "Enfants de ce monde“ réalisé entre 1984 et 1999. Décembre 1987 marque, dans les territoires occupés par Israël, le début de la révolte des Palestiniens, l’Intifada. Ce sont surtout des jeunes gens et des enfants qui sont le moteur de cette révolte, car ils ne sont plus disposés à se faire une raison de l’occupation et de l’état de choses qu’elle a entraîné. Leur activité doit aussi pousser les adultes à...

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Médias

[Ciné-débat] Détruire rajeunit

L’hiver de 1960 à 1961 fut le théâtre de la plus longue grève générale qu’ait connue la Belgique depuis la Seconde Guerre mondiale : jusqu’à deux mois d’immobilisation totale du pays contre une loi d’austérité. Sur les innombrables archives, une profusion de personnages de tous bords nous racontent les initiatives qu’ils menèrent alors. Mais, surprise : à la place d’anciens grévistes aux tempes grises, ce sont des jeunes qui nous racontent ces éclats de lutte, comme s’ils y étaient, comme s’ils y avaient été. Ciné-débat : Détruire rajeunit Un film de Benjamin Hennot Samedi 22 novembre de 13h à 15h30 Au Théâtre des Martyrs (22 Place des Martyrs, 1000 Bruxelles) Dans le cadre du Mois du Doc, et à l’occasion des spectacles Maria et les oiseaux et Les justes, le Théâtre des Martyrs vous invite à la projection du documentaire Détruire rajeunit, réalisé par Benjamin Hennot. L’hiver de 1960 à 1961 fut le théâtre de la plus longue grève générale qu’ait connue la Belgique depuis la Seconde Guerre mondiale : jusqu’à deux mois d’immobilisation totale du pays contre une loi d’austérité. Sur les innombrables archives, une profusion de personnages de tous bords nous racontent les initiatives qu’ils menèrent alors. Mais, surprise : à la place d’anciens grévistes aux tempes grises, ce sont des jeunes qui nous racontent ces éclats de lutte, comme s’ils y étaient, comme s’ils y avaient été. Bande annonce : https://www.dailymotion.com/video/x8ob2i2 Ciné-débat La projection sera suivie d’une discussion sur la thématique des luttes sociales, avec : • Benjamin Hennot, réalisateur du documentaire • Jean-Baptiste Delcourt, metteur en scène du spectacle Les justes • François André, coordinateur du service formation de l’InterRégionale Wallonne CGSP • un·e représentant·e de Commune colère, une assemblée de travailleur·euses qui milite pour le retrait des mesures politiques antisociales et antiécologiques. • un·e représentant·e du Groupe 31 mars, un groupeaffinitaire d’artistes arts vivants et arts plastiques, réunis tous les lundi depuis la première note de l’Arizona, en vue de produire de la pensée et des actions. Réservations L’évènement est gratuit, mais le nombre de places étant limité, il est nécessaire de réserver sa place via le site web du théâtre.

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17 décembre - 10h00 - Centre Librex

Arpentage du livre « Le conflit n’est pas une agression. Rhétorique de la souffrance, responsabilité collective et devoir de réparation » de Sarah Schulman

Des relations intimes aux politiques globales, Sarah Schulman fait le constat d’un continuum : individus comme États font souvent basculer les situations conflictuelles dans le registre de l’agression, criminalisant leurs opposants pour couper court à la contradiction et échappant ainsi à leur propre responsabilité dans les conflits. En distinguant conflit et agression, l’autrice interroge notre culture de la stigmatisation. Ce travail profond, aussi courageux qu’impertinent, montre comment la sanction et la répression prennent le pas sur l’auto-analyse à l’échelle individuelle et collective, et comment l’altérité sert de justification à la violence et à l’exclusion. Ce livre intentionnellement polémique offre un aperçu des dynamiques contemporaines et historiques qui prennent les différences intimes, raciales et géopolitiques pour des éléments déclencheurs de la course à l’injustice, à l’exclusion et à la répression. Le conflit n’est pas une agression est un virulent plaidoyer contre le phénomène culturel de l’accusation, révélant combien les personnes en situation de pouvoir exacerbent et manipulent la crainte de l’« autre » pour éviter toute remise en question. Site de l’édition : https://editions-b42.com/produit/le-conflit-nest-pas-une-agression/ Un arpentage, c’est quoi ? Il s’agit d’une lecture collective d’une œuvre. Cette technique issue des milieux ouvriers facilite l’accès à un ouvrage ; permettant de se l’approprier en développant collectivement son analyse critique. Nous alternerons entre « temps de lecture individuel » (au rythme de chacun·e) et « discussion collective » Il s’agit d’une mise au travail collectif. L’idée est de se donner un temps collectif, pour aborder une thématique en douceur et de manière conviviale. INFOS PRATIQUES * Quand ? Le mercredi 17 décembre 2025 * Où ? Au Centre Librex : 66 rue Coenraets – 1060 Bruxelles * Quelle heure ? De 10H à 17H (accueil à partir de 09h45) * Pour qui ? Tout le monde, aucun de prérequis nécessaire excepté un bon niveau de français (lire et parler) * PAF ? Gratuit * Inscriptions indispensables https://centrelibrex.be/rendez-vous/17-12-2025-arpentage-du-livre-le-conflit-nest-pas-une-agression-rhetorique-de-la-souffrance-responsabilite-collective-et-devoir-de-reparation-de-sarah-schulman/ Max 12 personnes ! => en cas d’annulation, merci de nous le faire savoir dès que possible afin de libérer votre place * Infos/Contacts Marie François, animatrice socioculturelle pour le Centre Librex mfrancois@centrelibrex.be Morgane Borensztejn, formatrice à la Ligue de Droits Humains mborensztejn@liguedh.be

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Médias

CULTURELE GOUVERNEMENTFINANCE LADIATHÈQUE NOUVELLES APRÈS 69 ANS D’ACTIVITÉS

LICENCIEMENT BRUTAL DE 55 PERSONNES À CAUSE DES COUPES DANS LE BUDGET Le 13 octobre 2025, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé, sans concertation, son intention de ne pas renouveler le contrat-programme* de la Médiathèque Nouvelle (anciennement Point Culture). Autrement dit : le gouvernement ne financera plus cet acteur de la culture à Bruxelles : plus de 50 personnes vont être licenciées, les projets en cours suspendus, et un héritage culturel, constitué depuis 70 ans est menacé de disparaître. UN ACTEUR CULTUREL ET UN SERVICE PUBLIC MIS À L’ARRÊT PAR LE GOUVERNEMENT : Pour le gouvernement, la médiathèque serait désuète car les personnes n’empruntent plus de CD ou DVD. Or, non seulement l’ensemble des supports de la Médiathèque Nouvelle est un patrimoine précieux qui menace de disparaître, mais la Médiathèque fait par ailleurs bien plus qu’un simple service d’emprunt. Elle mène des actions de médiation culturelle, d’éducation aux médias et de transmission des savoirs : concerts, ateliers d’écoute musicale pour des seniors, des personnes précarisées, ou encore en prison. Elle propose également des formations destinées aux bibliothécaires, aux enseignant·es, aux médiateur·rices culturel·les afin de leur donner des outils pour s’autonomiser, adapter leurs pratiques et à leur tour transmettre. Parmi ses nombreuses initiatives, on retrouve des animations sur les stéréotypes dans les jeux vidéo, ou encore des salons d’écoute thématiques, comme celui consacré aux compositrices invisibilisées dans l’histoire de la musique, accompagnés d’explications. La Médiathèque propose par ailleurs des activité récurrentes. Par exemple, deux fois par mois sont organisées des écoutes musicales avec des personnes sans-abri, en partenariat avec DoucheFlux. L’équipe conçoit également des dossiers pédagogiques pour les écoles et les associations, afin de relier la musique, le cinéma, l’histoire, les jeux vidéos et/ou les grands enjeux contemporains. « On a vraiment développé nos activités ces dernières années. Médiathèque nouvelle a aujourd’hui un rôle d’opérateur d’appui pour le secteur de la lecture publique, les ASBL, centres culturels etc., ce qui la rend moins visible par le grand public, mais elle a un rôle essentiel de médiation de seconde ligne. On est vraiment au service des partenaires. » « On nous traite de passéiste, mais on n’a pas arrêté d’évoluer. Y a eu les vinyles puis les CDs, les DVDs, les jeux vidéos et de plus en plus d’activités culturelles pour sans cesse se diversifier. » La Médiathèque a un véritable rôle d’éducation populaire, en abordant des enjeux sociétaux : l’environnement, l’histoire, les luttes sociales, la mémoire, à travers la fiction, le cinéma ou encore la musique. Elle sort des personnes de l’isolement, permet un accès à la culture gratuit pour toutes et tous et permet à différents publics de se rencontrer, autour d’activités culturelles : « La fiction et la musique sont au...

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Racismes / Colonialismes

CARTE BLANCHE : MARCHE ENMOIRE DES CONGOLAIS·ES MORT·ES AUX MUSÉE DE TERVUREN

À l’initiative du Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations, une marche commémorative aura lieu ce samedi 1er novembre, entre Koekelberg et Tervuren. Chaque année, le collectif ravive la mémoire d’une histoire passée sous silence : celle des femmes, hommes et enfants congolais·es arraché·es à leur terre, déporté·es et exhibé·es sur le sol belge pour servir le récit de propagande colonial. Le Collectif Mémoire Coloniale travaille depuis plusieurs années à faire émerger ces récits enfouis, à les inscrire dans l’espace public et à rappeler que les violences coloniales ne relèvent pas du passé, mais d’un héritage encore vivant dans notre système. En retraçant les pas des 267 Congolais·es exposé·es lors de l’Exposition universelle de 1897, les participant·es de la marche rappelleront que ces crimes ne peuvent être effacés. Cette démarche s’inscrit dans un travail politique que mène le collectif : décoloniser les récits, les espaces publics et les consciences. « Comme chaque 1er novembre, retrouvez-nous pour un hommage aux 7 ancêtres Congolais morts lors du zoo humain colonial de Tervuren en 1897. Comme chaque 1er novembre, nous vous donnons rendez-vous pour un hommage aux 7 ancêtres congolais disparus de Tervuren. Le 27 juin 1897, 267 Congolaises et Congolais furent déportés et emmenés à Bruxelles pour être exhibés dans ce que l’on appelait des « villages congolais ». Pendant près de six mois, ils furent contraints de jouer des scènes de « sauvages primitifs » ou d’« indigènes non civilisés » devant des millions de visiteurs. Ces mises en scène, qui relèvent de véritables zoos humains, visaient à convaincre l’opinion publique de la prétendue légitimité du projet colonial de Léopold II et à en glorifier les mérites. Les conditions de vie dans ce campement forcé furent inhumaines. Rapidement, des épidémies de grippe et de pneumonie éclatèrent. 7 Congolais·e·s – Mama Sambo, Mama Gemba, Mama Mpemba, Papa Ekia, Papa Zwao, Papa Kitukwa et Papa Mibange – âgés de 21 à 30 ans, trouvèrent la mort. Ils étaient soldat, artisan, pêcheur, ou encore chef Bangala. Il sera d’abord refusé qu’ils soient enterrés dans le cimetière local, ils seront donc enterrés dans une fosse commune avant d’être déplacés quelques années plus tard dans la cour de l’église Saint-Jean-l’Évangéliste de Tervuren. Cet épisode tragique n’est pas isolé. Trois ans plus tôt, en 1894, 144 Congolaises et Congolais avaient déjà été déportés au Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers dans un zoo humain similaire. Sept d’entre eux moururent également de maladie. Ces pratiques de zoos humains inhérentes aux puissances coloniales se sont poursuivies en Belgique jusque tard dans le XXe siècle : jusqu’à l’Exposition universelle de 1958 à Bruxelles, à la veille de l’indépendance du Congo. À travers cet hommage, nous honorons la mémoire de ces femmes et hommes, victimes de la propagande coloniale et du racisme soutenant celle-ci. Nous rappelons aussi notre devoir...

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