Bad Move à Bruxelles : l’ « apaisement » c’est la guerre de classes

Le plan régional Good Move est entré en application durant les vacances d’été et d’abord dans les quartiers populaires de la première ceinture bruxelloise. Ce sont les habitants de Cureghem qui se sont réveillés les premiers, un beau matin, au cœur d’un enfer urbain, dans une “prison à ciel ouvert”.

Bruxelles |

Jamais une politique publique n’a généré un tel sentiment de rejet. Depuis près de deux mois l’action du Comité non au Plan Good Move (lien facebook) de Cureghem a rayonné dans d’autres quartiers bruxellois en voie d’« apaisement » et les liens commencent à se nouer entre les différents comités. Le 15 septembre pour l’interpellation citoyenne du Comité Cureghem pour exiger un moratoire sur le Plan des travailleurs de la STIB, de Uber, de Heetch, des membres d’autres comités ainsi que des collectifs de cyclistes opposés au plan Good Move vont se joindre au rassemblement place du Conseil. Quelque chose d’important est en train de se passer. Jusque là les interpellations citoyennes, les actions politiques et la concertation étaient entièrement accaparées par le lobby Pro-Good Move et des groupes pro-Vélo proches de Ecolo/Groen. Si on fait l’historique des interpellations citoyennes à Anderlecht ces dernières années, elles émanent toutes d’habitants proches de l’actuelle échevine Groen de la mobilité Susanne Müller-Huebsch et poussent pour la mise en place autoritaire du Plan.

La stratégie « Good Move » est le symptôme d’une forme autoritaire d’éco-libéralisme en Région bruxelloise. Ce plan mammouth est sur les rails et vise à éradiquer l’usage de la voiture dans les communes de la première ceinture bruxelloise. Ce plan interdit les voitures à combustion d’ici 2035. A la lecture des documents, il apparaît avec évidence comment l’élite bourgeoise qui est à la manœuvre peuple l’imaginaire de ce plan de ses propres fantasmes, en totale déconnexion des enjeux écologiques et de justice environnementale : la « clarté des Superielles de Barcelone », la « qualité des espaces publics de Bordeaux », l’ « excellence dans les processus de gouvernance de Copenhague », l’ « articulation multimodale des réseaux de Genève » ou encore la « modernité des services intégrés de Helsinki » semblaient promettre un avenir radieux sur papiers. Cette nouvelle oligarchie créative et culturelle a certainement bénéficié des subsides publics du budget régional « Good Move » pour visiter d’autres grandes villes européennes et remplir les rapports d’évaluation de « bonnes pratiques » importées sans traduction ni prise en compte de l’endogénéité bruxelloise. Les rapports Good Move sont ainsi remplis de projections idéalistes et de propositions prospectives imaginaires : « en route vers une ville en transition ! ».

Mais dès leur première mise en œuvre dans le quartier de Cureghem à Anderlecht, les rêves éco-libéraux éveillés d’une ville verte et résiliente ont tourné au Bad Trip pour les habitants des quartiers populaires. Ils se sont réveillés un beau matin du mois de juillet pris au piège dans le rêve d’une nouvelle classe bourgeoise en formation, coincés par des blocs de bétons, des sens uniques, des déviations infernales, perdus dans un labyrinthe urbain qui génère davantage de pollution, de congestion, de stress et de dangers.

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