Communiqué du Front AntiFasciste Liège 2.0 suite à l’élection présidentielle en France

Lundi 25 mai, le Front AntiFasciste Liège 2.0 appelait à un rassemblement suite à l’élection présidentielle en France. Voici le texte qui a été lu sur place par un participant du Front.

Wallonie |

A l’invitation du Front Antifasciste de Liège 2.0, nous sommes rassemblés aujourd’hui au lendemain du second tour des élections présidentielles françaises parce que nous sommes inquiets et inquiètes de l’essor des extrêmes-droites en France mais aussi en Belgique et en Europe. Nous voulions également nous réunir, peu importe les résultats finaux, afin de montrer aux militants d’extrême-droite du coin qui se sentiraient pousser des ailes que nous sommes présents et qu’on ne lâche rien !

Pour la deuxième fois consécutive, le second tour des présidentielles en France a opposé le Rassemblement National de Marine Le Pen et La République en Marche d’ Emmanuel Macron. Si l’extrême-droite subit une nouvelle défaite, elle en sort particulièrement renforcée politiquement, médiatiquement et socialement. Entre 2002 et 2017, les voix en faveur du Rassemblement National ont doublé. Et cette fois, c’est encore plus de 25 % de voix supplémentaire : plus de 13 millions d’électeurs et d’électrices ont voté en faveur du fascisme ! Si on enlève les chiffres de l’abstention, des bulletins nuls et des personnes non inscrites, plus d’un français sur 4 a voté Marine Le Pen !

Bien que cela semble contre-intuitif, le Rassemblement National a profité électoralement de la campagne d’Éric Zemmour avec son parti Reconquête mais aussi de celle des Républicains de Valérie Pécresse. Tous deux l’ont normalisé de manière différente : l’outrance et la violence haineuse de Zemmour faisant passer les idées et le parti de Marine Le Pen pour un parti plus modéré. Quant à la la reprise des postures, des thèmes et du vocabulaire d’extrême-droite par Les Républicains, cela a eu pour conséquence, au niveau des électeurs, de ne plus permettre véritablement de distinguer les deux partis. Mais le principal soutien de Marine Le Pen fut bien Emmanuel Macron. Durant cinq ans, il a fait la part belle aux extrêmes-droites. Que ce soit la nomination de Darmanin, la loi Sécurité Globale, la loi contre le séparatisme, les dissolutions administratives du Collectif Contre l’Islamophobie en France, celle du Comité Action Palestine, de différents médias anticapitalistes comme Nantes Révoltées ou encore récemment du collectif antifasciste lyonnais la GALE [NDLR : Groupe Antifasciste Lyon et Environ] pour avoir tagué la façade d’un local d’extrême-droite ! Je répète : la GALE a été dissoute pour avoir taggué un local de faf… Emmanuel Macron c’est également le déni du racisme en France, la violence arbitraire qu’elle soit d’ordre policière ou judiciaire à l’encontre de manifestants et manifestantes, en particulier les Gilets Jaunes, le personnel soignant ou encore les zadistes. C’est l’explosion du nombre de personnes blessées, mutilées et mortes par la faute de la police que ce soit dans les manifestations ou dans les quartiers populaires. Comme tout dernier exemple, prenons acte du fait que durant l’entièreté du débat électoral du second tour, Macron n’a jamais nommé le Rassemblement National comme un parti d’extrême-droite. Eclairant, non ?

D’autres que nous ont listé avec raison de mêmes griefs à l’encontre des mesures et des pratiques d’Etat de ces cinq dernières années de présidence d’Emmanuel Macron. L’expression « La peste ou le Choléra » est sortie de nombreuses bouches. Il nous semble à tort. Comprenons-nous, nous n’avons aucune sympathie pour Macron, son quinquennat fut un des plus violents depuis le début de la Ve république pour les mouvements sociaux, progressistes, pour les personnes racisées. Mais il y a une différence de nature entre un néolibéralisme raciste et autoritaire et une extrême-droite qui plonge, hier comme aujourd’hui, son idéologie, son parti et ses militant.e.s au sein des mouvements fascistes et néofascistes. Quand l’extrême-droite gagne l’appareil d’Etat, elle se sert de TOUS les outils de l’Etat pour justement réprimer TOUTES les manifestations, museler TOUTES les oppositions, y compris celle du pouvoir parlementaire. Ce sont les néonazis présents dans son parti qui, au fur et à mesure, vont prendre le contrôle de l’administration, de la diplomatie, de l’armée et de la police. Il suffit de lire le programme du Rassemblement National ou de regarder ce qui s’est déroulé en Hongrie depuis l’arrivée de Viktor Orban pour avoir une image clair d’un gouvernement d’extrême-droite : démantèlement de la Justice et sujétion à l’exécutif, attaques contre la presse, contre les intellectuels et les universités, contre les syndicats, bref contre l’ensemble des corps intermédiaires, contre tout ce qui ressemble peu ou prou à un contre-pouvoirs. C’est le principe du fascisme. Si Macron compose difficilement, ignore ou méprise les contre-pouvoirs, il ne les a pas détruit. Voilà la différence de nature entre Macron et Marine Le Pen. Les personnes qui nient cette différence de nature ne font que faciliter l’avènement d’un régime fasciste.

Mais cette extrême-droitisation du champ politique se déroule également en Belgique.
Récemment, Georges Louis Bouchez, président du MR, a rompu le cordon sanitaire en allant parler à la VRT avec Tom Van Grieken du Vlaams Belang. Et ce n’était pas son coup d’essai. Nous avons-nous aussi, ici, en Belgique francophone des intellectuels, des journalistes et des politiciens qui rêvent de l’Union des droites, d’un bloc National et qui n’hésitent plus à reprendre les thèmes, le vocabulaire de l’extrême-droite. Nous le réaffirmons : cette banalisation de l’extrême-droite profite d’abord à l’extrême-droite. Et le Vlaams Belang comme le Rassemblement National français comptent bien y arriver également du coté wallon.

En octobre 2021, le Front Antifasciste soutenu par de nombreux militants et militantes de collectifs, d’associations, de syndicats ou de partis ont bloqué le meeting de constitution d’une nouvelle force d’extrême-droite, le parti « Chez nous ». Si le blocage fut un véritable succès pour l’antifascisme de terrain, le parrainage politique et financier d’un parti d’extrême-droite en Wallonie n’est pas une bonne nouvelle. Pire encore, nous savons de source sure que ce parti, « Chez nous », a négocié la reprise du nom du Front National et de la flamme tricolore pour les élections de 2024. Ici aussi l’extrême-droite s’organise.

Aujourd’hui, ce 25 avril 2022, cela fait 77 ans que l’Italie s’est libérée du fascisme. De nombreuses mobilisations antifascistes se déroulent à l’instant où je vous parle dans de nombreuses villes et villages Italiens. Leur mot d’ordre est clair : « A l’heure où l’extrême-droite multiplie les violences, un seul mot : Résistance » !

Résistance !

En guise de conclusion, (...) nous vous invitons le 7 mai à la manifestation contre le centre fermé de Vottem à l’initiative du CRACPE, le 8 mai à Breendonck pour refaire de ce jour un jour férié, un jour de lutte et de mémoire contre le nazisme à l’initiative de syndicalistes flamands puis le 25 juin au Festi’Fal du Front Antifasciste au CPCR.

Voir en ligne : Front Antifasciste de Liège 2.0

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