Nuit d’actions contre la maxi-prison de Haren

Ce mardi 17 octobre, durant la nuit, le message « MAXI-PRISON, MAXI-INJUSTICE » a recouvert les murs de différents bâtiments bruxellois. Sont visés plusieurs acteurs impliqués dans le projet de la prison de Haren.

Bruxelles |

Ce projet de complexe pénitentiaire est en effet décrié depuis plus de 10 ans, notamment par les habitant.es de Haren, des académiques, des associations, des magistrats, des militant.es écologistes, anticapitalistes ou anti-carcéraux. Pourtant, la prison est aujourd’hui prête à incarcérer des détenus. De nombreux.ses activistes et associations continuent à manifester leur opposition à ce « village pénitentiaire ».

 
La prison de Haren fait partie du « Masterplan » qui prône « une détention et un internement dans des conditions humaines  ». Cette rhétorique humaniste détourne notre regard des intérêts pseudo-publics et privés que ce projet sert :

• Les intérêts de ce projet ne seront jamais réellement publics. La maxi-prison de Haren permet toujours plus de déshumanisation, notamment car tout sera automatisé : elle fonctionnera avec des badges et des caméras à reconnaissance faciale, ce qui restreindra fondamentalement le contact humain au sein de la prison, tant entre détenu.es qu’avec les gardiens.
La localisation, difficile d’accès, contribue à isoler les détenu.es de leurs familles, leurs proches ainsi que le tissu associatif qui les soutient.
De plus, les autorités se targuent d’une prison « neuve et moderne », tentant de nous convaincre qu’il existerait une forme d’incarcération vivable. Bien sûr qu’il est scandaleux que les détenus aient à vivre dans des cellules aussi infâmes que celles de Saint-gilles, mais le souci est surtout la détention en elle-même. 
Par ailleurs, on peut constater que la volonté de fermer les prisons vétustes pour les remplacer par celle de Haren n’est déjà plus d’actualité : la prison de Berkendael sera finalement transformée en maison de détention, et certaines ailes de Saint-Gilles resteront en activité jusqu’au moins 2025.
Ainsi, la politique pénale et carcérale des autorités vise à remplir toujours davantage les prisons, plutôt qu’à les vider.
L’État belge s’enfonce dans une politique répressive, qui visent toujours les mêmes personnes - venant des classes populaires et des classes racisées.

• Les intérêts privés du projet sont, quant à eux, amplement atteints : dans le modèle du partenariat public-privé, qui privatise largement le projet, ce sont évidemment les intérêts des entreprises privées qui priment. Par ce PPP, l’Etat s’engage pour une durée de 25 ans auprès du consortium Cafasso, ce qui lie durablement la politique carcérale à des intérêts privés et empêche un changement de cap politique (telle qu’une sortie du désastre carcéral). Or, l’enfermement et les technologies sécuritaires sont un marché rentable auquel les entreprises ne sont pas prêtes de renoncer.

 
Parmi les acteurs visés se trouvent le SPF Justice, la Régie des bâtiments, ainsi que B2AI, qui est un des bureaux d’architectes ayant travaillé sur les plans de la maxi-prison.

Mini ou maxi, la prison n’est jamais une solution.


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