Entrakt à Key West : privatisation et instrumentalisation de l’occupation

Ce lundi soir, les facades des bâtiments voués à être détruits pour la construction de l’immonde projet Key West ont été saccagées. On peut y lire, tagué en grosses lettres : « No Key West » « BPI dégage » « Immobel dégage » mais aussi « Entrakt dégage ». Quelques mots sur l’entreprise Entrakt, la privatisation et l’instrumentalisation de l’occupation des bâtiments vides.

Bruxelles |

Les deux premières cibles des tags, BPI et Immobel, sont les responsables du projet Key West (aussi appelé A’rive) : des géants de la promotion immoblière qui font leur profit sur le dos des habitant.e.s des quartiers populaires. Nous vous invitons à lire l’interpellation communale portée par des habitant.e.s d’Anderlecht contre le projet Key West pour plus d’informations sur cet immonde projet de gentrification du quartier de Cureghem.

La troisième cible, Entrakt, a un statut un peu différent. Il s’agit d’une entreprise fondée en 2009 qui, selon leurs termes, « est active sur le marché immobilier belge en tant qu’activateur d’immeubles vides ». Le terme d’« activateur » recouvre une activité lucrative toute simple : Entrakt joue les intermédiaires entre des propriétaires qui ne savent pas que faire de leur bâtiments vides et des associations, entreprises ou privés à la recherche d’un lieu. Faire ce lien entre l’offre et la demande d’espaces vacants leur permet, bien sûr ; de toucher une bonne marge au passage. Entrakt, en entreprise capitaliste modèle, est parvenue à tirer du profit des occupations de bâtiments vides ou, autrement dit, à privatiser des usages qui tentaient d’échapper au marché.

C’est notamment le cas du Studio Citygate, énorme lieu que gère Entrakt à Anderlecht mais aussi, cet été, de Hangar Sud, l’occupation des bâtiments qui devraient laisser place au projet Key West. Dans ce cas-ci, l’entreprise ne se contente pas de privatiser le fait d’occuper l’espace, elle sert aussi de bouclier aux promoteurs pour empècher d’autres occupations qui leur seraient défavorables. En effet les bâtiments avaient déjà été occupés à deux reprises par des habitant.e.s et militant.e.s qui s’opposaient au projet en ouvrant les portes des bâtiments au quartier.

Laisser ce lieu à Entrakt permet donc aux promoteurs de se protéger d’occupations contestataires tout en valorisant le lieu aux yeux des investisseurs et futurs acquéreurs, en lui donnant une image « dynamique et accessible ». L’entreprise d’occupation rend ainsi un service de taille aux promoteurs.

L’alliance des requins de l’immobilier BPI et Immobel, très actifs dans la gentrification de Bruxelles, et d’une entreprise comme Entrakt n’est finalement pas surprenante. Cela nous montre clairement qui sont nos ennemis dans la lutte pour la production de la ville.

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